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Le 01/02/2015

Le mur de la Méditerranée


Entre le paradigme islamophobe et la perspective d'un "vivre ensemble", le mur de Berlin aurait-il été transféré vers la méditerranée pour séparer de part et d'autre des messages politiques demandant l'exclusion de l'autre et des discours inquisitoires prêchant la fermeture de l'horizon ?

On a parlé en 1989 de la chute du mur de Berlin. Il aurait plutôt fallu parler de son transfert vers la Méditerranée. De part et d'autre de la Méditerranée, des acteurs politiques demandent l'exclusion de l'autre. Dans le sud méditerranéen, des discours inquisitoires, prêchent la fermeture de l'horizon. En Europe, l'extrême droite prend les émigrés comme otages et se plaisent dans l'incantation islamophobe. D'autre part, les préoccupations électoralistes encouragent les dérives. Fait nouveau de la conjoncture, des intellectuels enlèvent les masques : Réquisitoire polémique d'Eric Zemour, le suicide français affirme qu'on "désintégre le peuple en le privant de sa mémoire nationale par la déculturation, Dans son dernier roman, Soumission, Michel Houelbecq imagine un président islamiste, à la tête de la France, en 2022 :  Un pays  gouverné par les barbus, qui imposent le voile et la polygamie. Cette matérialisation des fantasmes, qui s'inscrit dans le paradigme islamophobe, n'est pas à l'honneur de l'écrivain.

Est-ce que les discours des politiciens contre les amalgames et les manifestations populaires, en faveur du vivre ensemble, peuvent corriger la dynamique des dérives et rapprocher les méditerranéens, au-delà des forteresses, que des radicaux essaient d'édifier ?  


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