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Le 01/03/2017

Anniversaire de l'UMA, état des lieues


La pause conjoncturelle de l'UMA : Peut-on parler de l'usure du mythe maghrébin, dans l'ère de la mondialisation, de l'affirmation des priorités nationales du "printemps arabe" et des défis de la crise arabe ?

La création de l'UMA, le 17 Février 1989 à Marrakech, faisait valoir l'idéal de la génération de l'indépendance : Subissant les défis de la colonisation, les élites d'Afrique du Nord  adoptèrent le concept unitaire. D'ailleurs, l'idée germa dans l'exil, en Europe.  Les nationalistes maghrébins, réunis en exil au Caire, l'instituèrent et la firent valoir auprès de la Ligue des Etats arabes, qui venait de voir le jour. L'Union du Maghreb s'inscrivit comme une composante normale de la nation arabe. La construction maghrébine fut différée, après les indépendances, qui mirent à l'ordre du jour la reconstruction des Etats-Nations. Le mythe maghrébin qui restait ferme, fut réactualisé, par la création de l'UMA, le 17 Février 1989 à Marrakech. Les difficultés économiques des pays, les défis du partenariat européen, l'usure du discours panarabe créaient un environnement favorable à cette initiative.

Une mise à l'épreuve : La normalisation de la gestion unitaire de l'institution nouvelle fut laborieuse, vu l'attachement des différents régimes à leurs visions nationales, à leurs discours fondateurs spécifiques et, pour quoi ne pas le reconnaitre, aux états d'âme des pouvoirs. L'Union du Maghreb arabe, tarda à s'inscrire dans la vie quotidienne, dans la gestion des défis et de la promotion du développement commun. La question du Sahara Occidentale à bloqué les réunions des Sommets, instance de direction de l'institution. La guerre civile libyenne  et ses effets sur le voisinage tuniso-algérien ont remis en cause la dynamique unitaire. La Mauritanie inscrit davantage, sa politique sécuritaire  dans le cadre du  G5 Sahel, associant le Burkina Fasso, le Niger, le Tchad, le Mali et la Mauritanie.  Le Maroc fait désormais valoir ses priorités africaines (discours du roi, lors de la cérémonie du retour du Maroc à l'Union Africaine, 31 janvier 2017).

Une pause conjoncturelle : Peut-on parler de l'usure du mythe maghrébin, dans l'ère de la mondialisation, de l'affirmation des priorités nationales du "printemps arabe" et des défis de la crise arabe ? Peut-on affirmer que la maghrébinité n'est plus au centre des convictions des acteurs et des populations ? Un nouveau contexte pourrait- restaurer l'espoir du Maghreb uni, usé par une désillusion générale ?

Fait d'évidence, le développement des unités régionales, la confrontation économique avec l'Union Européenne et la nécessité de transgresser les marchés exigus pourrait imposer  la redynamisation de l'UMA, comme nécessité. En tant qu'objectif de commodité  ou plutôt, en tant que besoin, l'union maghrébine pourrait être réactualisée et redynamisée. Mais comment dépasser les pesanteurs de la tradition, les rapports de forces et les commodités locales pour faire valoir la configuration régionale ? Certains diraient : "Il faut donner du temps au temps". Mais le politicien avisé devrait abréger les contextes d'attente et les pauses de circonstances.  Il faudrait  remettre à l'ordre du jour l'idéal unitaire des pères fondateurs.

 


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