2020, l’épreuve du Maghreb

Janvier 2020

Le Moyen-Orient a été sérieusement ébranlé, durant les dernières décennies : Guerre irano-irakienne, occupation du Koweït, chute de Saddam Hussein, Guerre civile en Syrie et ruine de ce pays, établissement du terrorisme daéchien, en Irak et en Syrie. Grande épreuve de la scène, sous l’effet de la géopolitique régionale et internationale.

Au Maghreb, la révolution tunisienne réussit la transition démocratique, alors que le Maroc et la Mauritanie sauvegardent leurs stabilités.  En Algérie, la révolution pacifique réussit à engager un changement de régime, dans une continuité institutionnelle de fait. Mais la guerre civile en Lybie  se poursuit et annonce le démembrement du pays : Deux pouvoirs : le gouvernement du maréchal Haftar, à l’Est et le gouvernement Serraj, en Tripolitaine, otage de fait des milices armées, aggravé par des descensions tribales.

L’entrée en jeu de la Turquie, qui annonce ses velléités d’envoyer des troupes de secours, pour soutenir le pouvoir de Serrage, introduit une guerre des pôles géostratégiques, menaçant  le Maghreb. Dans le cadre de cette stratégie, on évoque le transfert de terroristes daéchiens de Syrie en Lybie, avec leur possible introduction en Tunisie, en Algérie et bien au-delà. Ne sous-estimons point ce péril.  Mais nos armées ne se laisseront pas faire.

Peut-on parler d’une possible intervention militaire turque ? Cette éventualité relèverait de la surenchère diplomatique. Ni l’Otan, ni Les USA, ni la Russie ne permettraient cette velléité, déjà condamnée par les acteurs du voisinage. Dissipons, d’autre part, les craintes de ceux qui évoquent une restauration du pouvoir ottoman. La prise de conscience tunisienne aurait  remis les pendules à l’heure, expliquant les démentis du pouvoir. D’ailleurs, le dilemme a permis de faire valoir un front algéro-tunisien, en accord avec l’Egypte, pour faire échec à toutes éventualités, d’intervention dans notre aire. Mais cette mise à l’épreuve est salutaire, dans la mesure où elle impose une mobilisation conséquente du pouvoir tunisien.

 

 


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